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L'histoire de SIMONE MAHLER: pionnière de la beauté française

L'histoire de SIMONE MAHLER: pionnière de la beauté française

Simone Mahler : l'histoire vraie d'une pionnière de la beauté française depuis 1946

Derrière la marque de cosmétiques Simone MAHLER, il y a une femme. Une visionnaire, une scientifique, une audacieuse. De Plombières-les-Bains à Bordeaux, de sa cuisine transformée en laboratoire aux instituts de beauté qui portent son nom dans toute la France, voici l'histoire de Simone Mahler : celle qui a inventé le diagnostic de peau, l'ordonnance de beauté et la beauté haute technicité.

1911-1932 : une enfance entre science, industrie et voyages

Tout commence en 1911 à Plombières-les-Bains, dans les Vosges. Olga Simone Mahler naît dans une famille aisée de la haute bourgeoisie suisse-allemande, un milieu d'industriels et de scientifiques renommés. Son père, Oscar Mahler, né à New York, est arrivé en France à quatorze ans sans un sou en poche. Vingt ans plus tard, ce pionnier de l'ingénierie hydro-électrique est devenu un véritable capitaine d'industrie : on lui doit le premier jet d'eau de Genève, et son entreprise d'électricité et de mécanique a installé les premières lignes à haute tension d'Europe.

Aux côtés de sa mère, Jeanne Lardier, et de son frère, la jeune Simone sillonne l'Europe au gré des missions de son père. De lui, elle hérite l'esprit scientifique, la rigueur et le goût de l'audace. Très tôt, elle rêve de devenir médecin pour soulager l'humanité souffrante. Mais dans la bourgeoisie protestante des années 1930, on donne aux jeunes filles de l'éducation, pas un métier. Le veto familial tombe. Ce rêve empêché deviendra le fil rouge de toute sa vie.

1932 : la rencontre avec Marcel Georges Amstutz, l'autre moitié de la légende

En 1932, à 21 ans, Simone épouse dans les Vosges Marcel Georges Amstutz, un ingénieur chimiste issu du même milieu qu'elle, originaire comme elle de Suisse alémanique et apparenté par alliance à la célèbre famille Peugeot. Le jeune couple ne dispose alors que de 3 000 francs. Mais Marcel Georges a deux atouts que tout son entourage lui reconnaît : sa valeur scientifique (il travaille notamment pour Dassault et devient directeur adjoint d'une usine de l'industrie chimique), et un privilège : être l'époux de Simone Mahler.

Il sera bien plus qu'un mari. Premier soutien de sa carrière, il l'encourage à reprendre des études de médecine orientées vers la dermatologie, à une époque où c'est tout sauf évident. Le couple s'installe à Tours, puis à Pau en 1937. Quatre enfants naissent : Benjamin en 1934, puis Daniel, Jacques et Christine. La guerre et la vie de famille empêcheront Simone de prêter le serment de médecin, mais pas de trouver sa destinée.

1937-1945 : de la médecine à l'esthétique, les années fondatrices

Déterminée, Simone Mahler intègre dès 1937 une école d'esthétique à Paris (une profession alors naissante) et obtient son diplôme en 1939, avec mention très bien. Quatre écoles différentes lui apporteront une formation approfondie, toujours nourrie de ses connaissances en dermatologie. Son obsession : répondre aux problèmes de peau des femmes que personne, alors, ne savait traiter : acné, couperose, sécheresse, déshydratation.

En 1939, l'usine où travaille Marcel Georges est repliée à Bagnères-de-Bigorre, en zone libre. C'est là, dans l'appartement familial, que Simone ouvre son tout premier salon. La ville thermale accueille de nombreuses familles bordelaises fortunées repliées loin de l'Occupation ; le bouche-à-oreille fait le reste. Les produits des grandes marques sont introuvables en temps de guerre ? Qu'à cela ne tienne : la nuit, Simone prépare elle-même ses crèmes et ses masques dans sa cuisine. La légende est en marche.

1946 : Bordeaux, naissance de la marque Simone MAHLER

Après la guerre, Simone suit sa clientèle et s'installe à Bordeaux, cours Aristide-Briand, dans un hôtel particulier dont elle fait un salon de beauté intimiste, sans vitrine, connu par le seul bouche-à-oreille. La marque Simone MAHLER est officiellement créée, sous son nom de jeune fille, plus facile à prononcer et à retenir qu'Amstutz.

La même année, elle dessine elle-même le blason qui accompagne toujours la maison : des mains, celles de l'esthéticienne qui prend soin de la femme de la tête aux pieds, surmontées d'un S et d'un M entrelacés. Tout un état d'esprit : embellir la femme dans son intégralité.

Le succès est fulgurant. Tout Bordeaux se presse pour obtenir un rendez-vous, tant les résultats de ses traitements impressionnent. Les dermatologues lui adressent leurs patientes quand leurs propres soins échouent ; les psychiatres eux-mêmes recommandent : « Allez donc chez Simone Mahler, ça vous changera les idées. » Consécration d'un rêve : elle enseigne ses méthodes esthétiques à des médecins. Dès 1947, son appartement abrite aussi une école d'esthétique, créée avec le docteur Edmond Latour, première étape d'une tradition de transmission qui ne quittera jamais la maison.

1950 : l'Institut Mahler, la beauté globale avant l'heure

Son succès grandissant, Simone ouvre en 1950 l'Institut Mahler rue Vital-Carles : plus grand, plus moderne, avec pignon sur rue et un étage. Aux cabines de soins s'ajoutent un salon de coiffure et un cabinet de kinésithérapie : une prise en charge complète de la santé et de la beauté des femmes, des décennies avant que l'on parle de « beauté globale ». Elle ne touchera jamais une paire de ciseaux, mais développera avec son mari les produits capillaires : shampooings, après-shampooings, soins du cuir chevelu.

Reconnue par toute la profession, elle est de 1946 à 1951 vice-présidente du Comité français d'esthétique et de cosmétologie et donne des conférences qui font date : « Le traitement des peaux grasses » à Paris en 1947, « Le rôle social de l'esthéticienne » à Bruxelles en 1948, « L'épilation définitive » à Paris en 1949.

Le diagnostic de peau et l'ordonnance de beauté : la révolution Mahler

Ce qui distingue Simone Mahler de toutes les autres ? Elle est la première à se poser la question avant d'y répondre. Dès les années 1940, elle examine chaque peau à la lampe de Wood, dont la lumière ultraviolette révèle ce que l'œil ne voit pas : orange pour le sébum, jaune pour les points noirs, violet foncé pour la déshydratation. Puis elle délivre son « ordonnance de beauté » : une prescription personnalisée de soins et de produits, à suivre rigoureusement.

Comme chez le médecin : un diagnostic de votre peau, une prescription de votre beauté. Ce principe fondateur, repris depuis par tant de marques, reste l'ADN de la maison, et le socle de sa signature : la Beauté Haute Technicité.

Ses soins sont à l'avant-garde : neige carbonique, peelings, épilation définitive, extraits placentaires pour régénérer les peaux acnéiques sans cicatrices. Elle crée elle-même le premier soin de la maison, le double modelage biostimulant : une partie technique tonique faite de battages et de pincements inspirés du pincement Jacquet, une partie relaxante faite de lissages et de drainages. Le premier soin expert de 1946 dure 1 h 15, entièrement dédié au démaquillage et au nettoyage : la « Cleanodermie », que l'on retrouve aujourd'hui sous le nom d'Oxypur. Car pour Simone Mahler, tout part d'un principe simple : une belle peau est d'abord une peau propre.

1952 : la visionnaire et le scientifique, l'alliance qui a tout changé

Insatisfaite de ce que le marché propose, Simone décide de fabriquer elle-même ses produits. En 1952, elle acquiert les caves voûtées du 106 quai des Chartrons, chargées de l'histoire du négoce bordelais, et y installe laboratoire et usine de production. Marcel Georges quitte l'industrie pour la rejoindre : elle imagine le produit dont chaque peau a besoin, il en résout la formule, y compris l'équation délicate des conservateurs, sans compromis avec la science, à une époque où les produits à risque pullulent. Elle, la visionnaire ; lui, le scientifique. L'entreprise familiale et artisanale prend un tournant industriel : elle emploiera quatre-vingts personnes dans les années 1960.

Le sur-mesure devient la signature de la maison : rouges à lèvres créés à la demande dans des teintes uniques, vernis, poudres, fards et fonds de teint adaptés à chaque nature de peau. À mi-chemin du maquillage et du soin. Et déjà, une conscience d'avance : les poudres minérales se vendent en recharges, et les pots de Gelée Satin en opaline sont consignés, l'esprit des éco-recharges, soixante ans avant tout le monde.

1954-1964 : l'expansion d'une maison française

Toulouse en 1954, Bayonne en 1956, puis Paris : les instituts se multiplient, toujours animés par un personnel formé à Bordeaux et supervisé par Madame Mahler en personne, qui sillonne la France chaque semaine. Le couple, inséparable, ne se déplace qu'à deux. Dépôt de marque, logo, blason : une véritable politique de marque est en place.

Blonde, souriante, les yeux bleus virant au mauve, étonnamment fraîche malgré une double vie de mère de quatre enfants et de femme d'affaires, Simone Mahler impressionne par son mélange de douceur et de fermeté. Au sein de sa famille comme de son entreprise, elle est l'égale de son mari, fait rarissime pour l'époque. Elle disait :

« Quel est le but de l'Institut de Beauté ? Non point vous faire une apparence sophistiquée et artificielle, réservée à certaines catégories de femmes. Mais bien soigner votre peau, mettre en valeur ce que vous avez de bien, vous apprendre à tirer le meilleur parti des trésors que vous a alloués la Nature. »

Sa clientèle ne s'y trompe pas : les femmes des notables bordelais d'abord, puis des fidèles de générations en générations, jusqu'à Catherine Deneuve, icône du chic à la française, séduite par la crème Cardinale. Aujourd'hui encore, l'institut du Grand-Théâtre à Bordeaux ou encore l'institut Mahler Paris 16 compte trois générations d'une même famille parmi ses clientes.

L'héritage : des fils, une école, un rayonnement international

Simone Mahler s'éteint prématurément, emportée par une leucémie foudroyante. Son fils Daniel dira d'elle : « Elle était en avance sur son temps, à la fois sur la recherche des produits naturels et sur l'efficacité réelle des traitements. »

Ses deux fils aînés reprennent le flambeau : Daniel au laboratoire, Benjamin au développement commercial. En 1970, Benjamin rapporte des États-Unis un système alors inconnu en France : la franchise. La maison devient l'un des tout premiers réseaux de franchise beauté français. Benjamin sera d'ailleurs, en 1978, l'un des premiers présidents de la Fédération française de la franchise. À son apogée, le réseau compte trente instituts pilotes, soixante franchises et des pharmacies dépositaires. En 1975 ouvre à Paris le CIPER, Centre international de perfectionnement en esthétique et recyclage, qui forme chaque esthéticienne Mahler pendant quatre semaines et perpétue la tradition de transmission voulue par la fondatrice.

Une chronologie de créations iconiques

L'histoire de la maison se lit aussi dans ses produits, dont beaucoup traversent les décennies: Gelée Satin, Masque aux Fraises etc...

Depuis 1946, une promesse tenue

Près de quatre-vingts ans plus tard, tout ce que Simone Mahler a inventé continue de nous guider : le diagnostic de peau, l'ordonnance de beauté, la haute technicité, le sur-mesure, la fabrication française du quai des Chartrons et le respect absolu de la peau. Chaque femme qui pousse la porte d'un institut Simone MAHLER reçoit ce que Simone offrait à ses toutes premières clientes de Bagnères-de-Bigorre : une écoute, une expertise et un résultat.

Elle n'a pas pu devenir médecin. Elle a fait mieux : elle a aidé des dizaines de milliers de femmes à retrouver plus d'équilibre, plus de bonheur, plus de beauté. C'est cette histoire que nous continuons d'écrire, avec vous, depuis 1946.